Un site refait… mais qui ne respecte pas la loi : ce que votre prestataire web ne configure pas

Un site refait… mais qui ne respecte pas la loi : ce que votre prestataire web ne configure pas

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Vous venez d’investir plusieurs milliers d’euros dans la refonte de votre site. Nouveau design, pages modernisées, version mobile soignée. Le résultat est propre, professionnel, à la hauteur de votre cabinet. Et pourtant, dès la première visite, votre site commet une infraction. Pas un bug. Pas une faute de frappe. Une infraction au sens juridique du terme — celle que la CNIL sanctionne, et qui peut valoir à un avocat ou un expert-comptable une mise en demeure publique. Le coupable ? La bannière cookies.

 

Ce que cache une refonte bien présentée 

 

Quand une agence web livre un site refait, elle livre un produit visuel. Le travail porte sur le design, la structure, la vitesse de chargement, parfois le référencement. C’est son métier, et elle le fait souvent bien. Ce qu’elle ne fait presque jamais, en revanche, c’est configurer correctement la gestion du consentement aux cookies. Pourquoi ? Parce que c’est technique, chronophage, et que ce n’est pas ce qui figure dans le devis. Résultat : le nouveau site est lancé avec une bannière par défaut, copiée-collée d’un autre projet, parfois traduite approximativement, rarement conforme aux exigences actuelles de la CNIL.

 

Ce que dit réellement la réglementation 

 

Depuis les lignes directrices de la CNIL de 2020, renforcées par plusieurs décisions de justice, les règles sont claires :

  • Refuser les cookies doit être aussi simple qu’accepter. Un bouton « Accepter tout » sans bouton « Refuser tout » visible au même niveau est illégal. 

  • Aucun cookie non essentiel ne doit se déposer avant que l’utilisateur ait donné son consentement explicite. Autrement dit, Google Analytics, les pixels publicitaires, les scripts de chatbot doivent être bloqués par défaut. 

  • La preuve du consentement doit être conservée et disponible en cas de contrôle.

Ces trois exigences ne sont pas satisfaites par une bannière standard installée en cinq minutes.

 

Pourquoi les professions réglementées sont particulièrement exposées 

 

Pour un avocat ou un expert-comptable, la non-conformité RGPD n’est pas seulement un risque financier. C’est un risque de réputation. Vos clients vous confient des informations sensibles — patrimoniales, fiscales, judiciaires. La première chose qu’ils voient en arrivant sur votre site, c’est souvent une bannière cookies bâclée. Ce signal faible dit beaucoup : si vous ne gérez pas correctement les données de vos visiteurs anonymes, comment gérez-vous les leurs ? Le Barreau et les ordres professionnels n’ont pas encore émis de sanctions spécifiques sur ce point, mais la CNIL, elle, sanctionne sans distinction de secteur. Et les contrôles se multiplient.

 

Les quatre erreurs les plus fréquentes après une refonte

 

  • Absence de blocage préalable des scripts : Google Analytics ou Meta Pixel se chargent avant tout clic de l’utilisateur. 

  • Bouton de refus absent ou caché : il faut trois clics pour refuser là où un seul suffit pour accepter. 

  • Pas de Consent Mode V2 : les campagnes Google Ads ne transmettent pas l’état du consentement correctement, ce qui fausse les données et expose à des pénalités côté régie. 

  • Pages légales absentes ou génériques : politique de cookies, mentions légales et gestion des données personnelles copiées d’un modèle introuvable ou inadapté à votre activité.

 

Ce qu’il faut faire concrètement 

 

La bonne nouvelle : ce n’est pas la refonte qu’il faut recommencer. C’est une couche de conformité à ajouter par-dessus, de façon propre et discrète. Cela passe par la configuration d’une solution de gestion du consentement (CMP) via Google Tag Manager, le paramétrage du Consent Mode V2, la rédaction de pages légales adaptées à votre cabinet, et la mise en place d’un registre des consentements. Une intervention ciblée, sans toucher au design existant, sans mobiliser votre agence web — et sans repartir de zéro.

 

En résumé 

 

Une refonte de site, aussi réussie soit-elle visuellement, ne règle pas la conformité cookies. Pour les avocats et experts-comptables, ce point n’est pas un détail technique : c’est une obligation déontologique autant que légale. Ne laissez pas une bannière mal configurée ternir une image que vous avez mis des années à construire..

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